Toyota remet son titre Hypercar en jeu
Le multi-couronné constructeur japonais a fait le choix de la continuité pour reconquérir les titres mondiaux FIA WEC, dont la saison 2025 débute vendredi avec les 1812 km du Qatar.
“La stabilité est un important facteur de performance”
Pour la septième fois de sa glorieuse histoire en FIA WEC, Toyota Gazoo Racing débutera la nouvelle saison en tant que champions du monde Constructeurs de la catégorie reine de l’Endurance. L’hégémonie de la marque nippone sur la discipline a été bousculée comme jamais tout du long d’une exceptionnelle campagne 2024, conclue par la victoire décisive de la GR010 HYBRID n°8 à l’occasion des Bapco Energies 8 Heures de Bahreïn.
Malgré la concurrence féroce de Ferrari, triomphants vainqueurs des 24 Heures du Mans, et de Porsche, avec le titre Pilotes acquis par Laurens Vanthoor, Kevin Estre et André Lotterer, la couronne Constructeurs revenait dans l’escarcelle de Toyota. En sa qualité de marque la plus titrée de l’histoire du FIA WEC, la firme d’Aichi n’entend pas viser autre chose qu’un nouveau sacre mondial, tout en reconquérant le titre Pilotes et signer un sixième succès lors de la classique mancelle.
Pour cela, le TGR va de nouveau pouvoir s’appuyer sur un groupe expérimenté et un matériel éprouvé. Habillée d’une élégante robe noire depuis 2024, la GR010 HYBRID s’apprête à disputer une cinquième campagne de rang dans la catégorie Hypercar, dont elle est la pionnière. Hormis les nouveaux panneaux d’affichage LED sur le côté, la Toyota 2025 est quasiment identique à sa devancière de l’année dernière.
On ne change pas une équipe qui gagne
“Nous avons un certain nombre de petites évolutions sur la voiture, mais qui sont hors du cadre des jokers de performance, “glisse David Floury, directeur technique du Toyota Gazoo Racing. “Nous sommes autorisés à procéder à des évolutions pour améliorer la fiabilité, ce que nous avons fait pour corriger certains petits soucis rencontrés en 2024.”
La période d’homologation de la GR010 ayant débutée plus tôt que ses rivales, Toyota doit faire preuve de parcimonie dans son processus d’amélioration continue de son Hypercar. C’est ainsi qu’aucune évolution n’a été apportée en termes de performance pure. “Nous devons gérer nos évolutions de manière à ne pas utiliser toutes nos cartouches tout de suite”, ajoute David. “Etant donné que nous sommes parmi ceux qui performent le mieux, il est un peu moins facile d’obtenir l’acceptation pour des évolutions.” La rançon du succès !
Cette stabilité se retrouve également dans la composition des équipages, inchangés par rapport à l’année dernière. Nyck de Vries rempile pour une deuxième saison aux côtés de Mike Conway et Kamui Kobayashi, Team Principal de l’équipe, au volant de la Toyota GR010 HYBRID n°7. “Ma première saison en tant que pilote Toyota a été aussi réussie qu’amusante. C’est bien de se retrouver avec l’équipe avant une nouvelle campagne”, souligne le Néerlandais. “Nous sommes une excellente équipe, avec beaucoup d’expérience en WEC, et je suis certain que nous serons compétitifs”, abonde Ryo Hirokawa, pilote de la n°8 et coéquipier de Brendon Hartley et Sébastien Buemi.
Selon David Floury, le choix de la continuité avec un groupe rompu aux exigences de l’endurance relevait de l’évidence. “Il est certain que cette stabilité nous aide. Nous nous connaissons bien et nous avons créé ensemble des automatismes et une confiance mutuelle. Nous n’avons quasiment aucun changement dans les membres d’équipe par rapport à la saison dernière. La stabilité est un facteur important de performance.”
“Cela ne va pas être une course simple”
Avant la reprise des débats en piste avec les 1812 km du Qatar ce vendredi, les Toyota ont limé le bitume à l’occasion du Prologue organisé sur le Circuit International de Lusail, théâtre de la manche d’ouverture. “Nous avons gagné le Prologue”, sourit David Floury. “Nos voitures ont terminé première et deuxième au nombre de tours parcourus.” Avec 792 tours et 4 291 kilomètres parcourus, le directeur technique de Toyota et ses équipes ne devraient pas manquer de données à analyser pour préparer le programme d’essais avant la course.
“Nous avons balayé un certain nombre d’éléments en termes de réglage, de contrôle, de compréhension des points de fonctionnement des pneus”, souligne David. “Nous n’avons pas eu de de problèmes majeurs. Globalement, le bilan est positif.” Lors de la quatrième et dernière séance d’essais, les Toyota n°7 et 8 se sont classées 8e et 10e, à respectivement 0’’578 et 1’’157 de la marque de référence établie par Robin Frijns avec la BMW M Hybrid V8 n°20.
“Sur un tour, notre rythme est plutôt bon”, estime Conway. “Mais nous devons travailler sur notre performance sur des plus longs relais.” Buemi reconnaît, lui, des difficultés sur la “difficile” piste du Circuit International de Lusail. Une analyse que partage David Floury: “Nous nous servons de l’expérience acquise lors de la course de l’an passé. Mais la physionomie ne sera pas très différente. Cela ne va pas être une course simple pour nous.”
En 2024, les Hypercars n°7 et n°8 avaient terminé à plus d’un tour de la victorieuse Porsche Penske 963 n°6. Cela n’avait pas empêché Toyota de décrocher le titre Constructeurs huit mois plus tard. Bis repetita ?